Pour une éducation biologique

« Le système éducatif industriel a fonctionné un certain temps mais il est en train de s’épuiser et d’épuiser élèves et enseignants. La qualité de l’éducation se dégrade. L’éducation ne peut s’améliorer que si nous prenons conscience qu’elle aussi constitue un système vivant et que les individus prospèrent dans certaines conditions et pas dans d’autres. Les quatre principes de l’agriculture biologique s’appliquent à merveille à l’enseignement. » KEN ROBINSON in CHANGER L’ÉCOLE p.71

Si les œufs des élèves représentaient… les résultats de leur travail, voire à plus grande échelle, leurs enfants, les enfants de leur éducation : les actions et le rôle qu’ils tiendront dans notre monde quand ils seront grands ???

L’industrie agro-alimentaire élève les animaux en batterie. Si les animaux deviennent agressifs ou s’il leur prend l’envie de s’enfuir, alors on leur coupe les pattes et les ailes. Est-ce le modèle auquel nous aspirons ? Dans le respect de la vie ? Que penser alors de l’élevage biologique ? Et à côté de cela, que penser de la permaculture ? On a l’impression de désordre, milles plantes plus différentes les unes que les autres poussent à côté et s’entraident. On ne s’y retrouve plus… sauf la nature !

Prenons soin de notre santé et de celle de nos enfants. Tout le monde ne peut qu’être d’accord avec cette prémisse. Pour cela, commençons par manger sain. Pour manger sain, commençons par prendre soin de notre terre, le terreau fondateur sur lequel tout pousse, les aliments comme les humains. Donc, oui, l’éducation nouvelle doit passer par l’écologie ! Évidemment. On ne peut en faire l’impasse. Le monde en a besoin. C’est son socle, sa base. Sans cette prise de conscience, plus d’avenir possible pour l’humanité. Je sais, vous allez me prendre prendre pour un alarmiste et vous allez me dire que tout ne va pas si mal. Que l’industrie est maintenant beaucoup moins polluante et que ce n’est pas parce que je vais aller au boulot à pied ou à vélo que le monde sera moins pollué. Vous comme moi, nous représentons une goutte d’eau ! Nous sommes tous cette goutte d’eau qui peut remplir le lac de l’espoir. Et comme tous, nous sommes censés passer par le système éducatif, tous nous pouvons jouer notre rôle. Tous nous représentons une goutte d’eau. À nous de choisir si nous la gaspillons ou si nous la versons dans un océan de renouveau. À condition que ce renouveau, nous le souhaitions et que nous nous employons à le développer et le faire vivre.

« L’école joue un rôle essentiel pour cultiver le sentiment de citoyenneté. Elle ne le remplira pas à coups de leçons théoriques d’éducation civique, mais en appliquant ces principes dans son fonctionnement quotidien. » KEN ROBINSON in CHANGER L’ÉCOLE p.78

Pour une écologie de l’enfance

On a cru que le cerveau et ses fonctionnements étaient programmés génétiquement. Qu’on naissait bête, intelligent, rapide, lent,… Or, la neurobiologie moderne a démontré que le cerveau se développe en fonction de l’usage que l’on en fait ! Le neurobiologiste allemand Gérald Hüther raconte que la zone du cerveau qui commande les mouvements du pouce est sur-développée chez les jeunes d’aujourd’hui. Et c’est bien de l’usage intensif du téléphone portable que cela découle. Le cerveau se développe là où nous l’utilisons avec enthousiasme ! L’enthousiasme agit comme un engrais. Il nous donne des ailes, nous libère des obstacles. En état d’enthousiasme, plus rien n’est inaccessible, et apprendre se fait « tout seul ».

Il ne savait pas que c’était impossible alors… il l’a fait !

En observant les petits enfants, on constate qu’ils éprouvent une poussée d’enthousiasme toutes les 3 minutes. Chez l’adulte, une telle poussée ne se vit en moyenne que de 2 à 3 fois par an… pourquoi personne ne s’est-il demandé ce qu’il adviendrait d’un enfant qu’on laisserait toute sa vie dans son état d’enthousiasme natif ?

On a cru que le jeu était une activité secondaire, on l’a dévalué au titre de passe-temps, cantonné aux moments de loisir – mis à l’opposé de l’apprentissage sur l’échelle des valeurs constitutives. On sait dorénavant que, bien-sûr, ce n’est pas par hasard que la nature nous a équipés de la capacité de jouer : il s’agit du plus surprenant, du plus efficace, du plus adapté et du plus heureux des dispositifs de développement cérébral – et donc, d’apprentissage – jamais inventés. Que fait l’enfant dès qu’on le laisse tranquille ? Il joue. Et si on ne l’interrompait jamais, il jouerait toujours. Pourquoi personne ne s’est-il demandé ce qu’il adviendrait d’un enfant qu’on laisserait jouer toute sa vie ?

Quand on lui dit de s’arrêter de jouer pour se mettre au travail, l’enfant ressent qu’il a un problème. Il ne remet pas en cause l’adulte et son injonction contradictoire. Et lorsque l’enfant ressent qu’il a un problème, cela active dans son cerveau les mêmes réseaux neuronaux que lors d’une intense douleur physique.

Mettre l’enfant à l’écart du monde, c’est contrarier sa disposition spontanée. Si l’idée d’extraire l’enfant du monde pour le préparer à la vie a pu exister, elle est désormais obsolète, car contradictoire. On place les enfants dans des ghettos dont l’intention est de leur être adaptés mais dont le résultat est de les séparer de ce pour quoi ils sont optimisés. Alors qu’ils portent en eux la conscience des synergies nées des différences, ils sont mis en catégories, comparés selon ce qui comparable, et s’adaptent, dès leur plus jeune âge, à la plus grande sapeuse de potentiels jamais rencontrée : la compétition.

Faire reprendre avec insistance un mot que l’enfant ne prononce pas correctement repose sur la crainte fondée que l’enfant renouvellera sa « faute » indéfiniment si on ne le corrige pas. La science nous prouve l’inverse, mais cela nous surprend encore, car l’attitude pédagogique est ancrée dans notre société. Chaque fois que l’on intervient, même plein de bonne volonté, dans le processus naturel, on fragilise l’enfant. Cela va gravement au détriment de son autonomie et fragilise sa confiance en son aptitude à apprendre et à se dépasser lui-même – aptitude pourtant native.

Choisir d’accueillir sans valorisation, sans dévalorisation, la disposition spontanée de l’enfant est une attitude qui demande à mettre de côté ses propres expériences, ses attentes, ses idées, ses habitudes, ses désirs et ses conditionnements. Comme nous en sommes tous bourrés, cela peut nous déstabiliser et paraître difficile.

Mais il existe une méthode infaillible pour se mettre à l’abri des faux-pas et de ses propres peurs : ne jamais partir de soi, toujours partir de l’enfant. Faisons donc table rase de ce que nous croyions. Partons de l’enfant, laissons-nous emporter par cette enivrante observation, admirons le génie de la nature, le génie de l’enfant, qui en est l’un des fruits les plus directs.

Il ne faut qu’une structure. Faite de tout ce qui assure, de tout ce qui rassure. Habitudes, rituels familiaux, accords domestiques, réitérations infinies : la même histoire, toujours écoutée, ou la même musique, avant de dormir.

Les mêmes jeux, les mêmes parcours, indéfiniment, sans que l’adulte zélé ne propose de variations. Encore la crainte d’une chose que, justement, nous introduisons : l’ennui. Si l’enfant joue trop au même jeu, on pense qu’il va s’ennuyer, alors on lui propose le changement. Or l’ennui découle de l’inconstance, et l’inconstance découle de l’interruption artificielle de la continuité. Lui proposer le changement, c’est le disperser et lui ouvrir les portes de l’ennui. Il n’a besoin que de confiance. Confiance sans faille qu’on lui porte, confiance dans la justesse de ses jeux, confiance dans la pertinence du stade d’évolution dans lequel il se trouve, certitude que l’activité interrompue sera reprise exactement là où on l’a laissé – sans la crainte d’avoir, entre-temps, été amené ailleurs.

Une affaire de confiance. Rétablir celles des parents, préserver celle des enfants. Apprendre, comme grandir, est une disposition spontanée, mise en œuvre bien avant la naissance. Tout comme l’enthousiasme, la curiosité et cette incroyable capacité à jouer. Nous les possédons en venant au monde. Ce que chacun possède, sans distinction de race, d’espèce, de couleur ou de génération, est tout l’inverse d’un privilège. L’observation nous le montre depuis toujours, la science, désormais, nous le prouve. Cela initie un nouveau regard sur l’enfant. Une nouvelle attitude. Un autre possible.

Devenons des semeurs d’enthousiasme !

Ces derniers passages de l’article sont des extraits du livret « Semeurs d’enthousiasme, manifeste pour une écologie de l’enfance. » éditions l’instant présent. Par André Stern, avril 2014. Nommé Directeur de l’initiative « Des hommes pour demain » par le Prof. Dr. Gerald Hüther, chercheur en neurobiologie avancée. Il est initiateur des mouvements « écologie de l’éducation » et « écologie de l’enfance », et directeur de l’institut Arno Stern (laboratoire d’observation et de préservation des dispositions spontanées de l’enfant).

Je vous laisse dévorer son ouvrage TOUS ENTHOUSIASTES ! en cliquant sur le lien amazon :

Plus d’infos, vous pouvez visiter le site d’André Stern : https://andrestern.com/fr/accueil.html

7 thoughts on “Pour une éducation biologique”

  1. si elle était Les quatre principes de l’agriculture biologique s’appliquent à merveille à l’enseignement. Selon M.» KEN ROBINSON in CHANGER L’ÉCOLE p.71
    Si, quels sont les résultats attendus de ces principes.

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