Partie 3. Les neurosciences à l’école, quelles transpositions possibles ? : La vraie forme de l’intelligence

Le cerveau, un chef d’orchestre !

Le cerveau d’un bébé est très puissant : l’apprentissage implicite se développe par l’habitude et les stimuli de l’environnement. L’apprentissage explicite, par l’enseignement. Les hormones ont une incidence sur le comportement. Un enfant naît avec un ensemble de fonctions lui permettant d’appréhender le monde qui l’entoure. Il les fait interagir opérant ainsi la synthèse des fonctions cognitives. Mais il peut y avoir des troubles, comme dans le cerveau de l’autiste Asperger dénué de corps calleux. Nous rappelons que l’autisme est une pathologie et non un handicap.

Chez les autistes, le cerveau élage-t-il suffisamment les neurones inutiles ou bien sont-ils surutilisés ? En tous cas, un nombre inquiétant de pseudo-autistes sont déclarés chaque année. Ce sont des enfants qui n’arrivent pas à fixer quelqu’un, ni à communiquer. Repliés sur eux-mêmes ou rivés sur des écrans qui ne les aident pas à rentrer en relation.

Les fonctions exécutives du cerveau tiennent le rôle de chef d’orchestre. Elles opèrent la synthèse de toutes les fonctions cognitives. Entre deux, il y a l’environnement, l’image de soi, l’apprentissage, les conditions de vie, les relations,… Mais le cerveau n’est pas qu’une super table de mixage. Il se réorganise en fonction de tous ces facteurs, et notamment de son environnement, d’où une très grande plasticité. c’est comme si notre cerveau, ce super ordinateur, se reprogrammait sans arrêt.

Les fonctions exécutives permettent de : – planifiercerveau chef d'orchestre

– organiser

– créer

– tenir un raisonnement cohérent,…

On ne peut pas développer nos fonctions cognitives de la même façon car chaque être humain est unique. Tout ce que l’on sait, c’est que nous sommes biologiquement déterminés pour que le cerveau fasse preuve de plasticité.

La plasticité cérébrale est due au développement de l’intelligence et de la mémoire. Un enfant doit agir avant de percevoir. Piaget remettrait maintenant en cause ses propres théories : il n’y a pas différents stades de développement ! Il y a donc une rupture épistémologique. Il s’agit de la remise en cause du modèle de l’escalier.

Méthode de l'escalier - Piaget Cette théorie du développement de l’enfant passant par 4 stades est remis en cause par le psychologue russe Vygotski qui développe une théorie absolument originale des rapports entre développement et apprentissage. Il porte un intérêt tout particulier aux apprentissages que l’enfant effectue dans le cadre de l’institution scolaire. La théorie piagétienne est parfaitement représentative des courants de pensée qui affirment la primauté du développement sur les apprentissages. Selon cette perspective, les apprentissages sont mis sous la dépendance du développement. C’est parce que l’élève a atteint un certain niveau de développement que l’école peut entreprendre un nouveau type d’enseignement. Piaget insiste sur la nécessité pour l’enseignant de s’interroger sur le niveau de développement cognitif atteint par les élèves avant d’entreprendre un nouveau programme. Selon l’expression de Vygotski, Piaget met les apprentissages « à la remorque » du développement. Mais le projet même de Vygotski – concevoir les fonctions psychiques supérieures comme étant d’essence culturelle – le conduit à poser une nouvelle exigence : le bon apprentissage est celui qui « devance » le développement ! Lire à ce propos le livre de Michel Brossard : Vigotsky, lectures et perspectives de recherches en éducation, presses universitaires du Septentrion.

Olivier Houdé,  instituteur de formation initiale, professeur de psychologie du développement à l’Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité et directeur du LaPsyDÉ (CNRS) rappelle que quand l’enfant passe par l’abstraction, il perçoit mieux les choses. Menons une petite expérience, si vous le voulez bien : prenez deux verres, un large et un autre long. Tous les deux ont la même capacité. Remplissez-les de la même quantité d’eau à l’aide de deux pichets transparents et demandez à l’enfant lequel des deux verres contient le plus d’eau. Refaites l’expérience en cachant les verres cette fois. Dans le premier cas, l’enfant pense que le verre long est plus rempli tandis que dans la deuxième, il s’aperçoit qu’ils sont tous les deux remplis à l’identique car la quantité d’eau versée est la même. Pour mieux comprendre la démarche, voici une courte vidéo où Olivier Houdé présente d’autres expériences :

 Il faut 25 ans pour que le cerveau soit mature !

L’environnement est très important sur le développement et dépasse la simple explication de la génétique. Pascale Toscani précise qu’à 25 ans, toutes les cordes sont sur la harpe du cerveau ! C’est dans la prime enfance que les cordes sont mises en place et s’accordent.

Le chercheur Boris Cyrulnik, qui s’est vu confier par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, la préparation des assises de la maternelle qui s’ouvrent cette semaine insiste sur le phénomène de résilience psychique et cognitive pour certains enfants. Ce sont des vases fragiles qui se cassent et dont on tente de recoller les morceaux. D’une part, on ne les retrouve pas tous, et d’autre part, il est difficile de les replacer au bon endroit. Le neuro-psychiatre chargé de diriger la réflexion, nous décrypte les enjeux. “La maternelle avait – et a toujours – une excellente réputation, mais elle doit s’adapter”, dit-il. “Les enfants qui entrent à l’école ne sont plus les mêmes qu’il y a dix ou quinze ans.”

Le Q.I.

le qi Le Quotient Intellectuel n’est qu’un indicateur de statistique, statique qui n’a aucune réalité biologique. Mais l’enfant peut rarement se penser autrement qu’en fonction de la façon dont il est regardé, rappelle Catherine Gueguen.

Le docteur Feuillet étudie le cas d’un homme travaillant dans l’administration et père de famille dont la boîte crânienne est pratiquement vide. Pourtant cet homme a une vie normale et tient un raisonnement logique ! En effet, à part un QI légèrement plus faible que la moyenne, vraisemblablement dû au faible volume du cerveau (blague facile sur l’administration à caser ici), ce patient ne manifeste aucun signe de dysfonctionnement cérébral. Vous trouverez plus d’informations dans cet article : http://sweetrandomscience.blogspot.fr/2012/07/lhomme-sans-cerveau-la-theorie-du.html

Finalement, on poser la question de la place du 2ème ou peut-être du 1er cerveau qui se tient dans nos intestins ? Plus sérieusement, qu’est-ce que mesure réellement le Q.I. ? Nombre de neurones ? Utilisation que l’on en fait ? Nombre de connexions ?

Lors de la conférence, une vidéo éloquente compare le nombre de connexions pour :

Internet

Un adulte

Un enfant

10 mille milliards

10 mille milliards X3

10 mille milliards X10

Il est nécessaire d’interagir avec bienveillance avec l’enfant et le laisser explorer le monde. Le cerveau conserve les connexions des expériences les plus fréquentes. Surveillons donc nos habitudes !

Le cerveau d’un enfant se nourrit du monde : offrons-le lui ! En grandissant, il se spécialise et élague ce qui ne lui sert plus.

Et l’épigénétique dans tout ça ?

joel de rosnay symphonie du vivantPour rappel, il s’agit de la science qui étudie la modulation de l’expression des gènes. Sont-ils actifs ou inactifs ? C’est aussi littéralement «l’au-delà» de la génétique, car ce qui vole en éclats avec les découvertes récentes, c’est le «tout ADN», l’idée que nous serions de part en part déterminés par nos gènes, que notre ADN expliquerait non seulement toutes nos maladies, mais aussi nos principaux traits de caractère ainsi que la plupart de nos comportements. Joël de Rosnay, scientifique, prospectiviste, conférencier et écrivain compare, dans son dernier livre, La Symphonie du vivant (chez LLL), la génétique avec la musique : «C’est la symphonie qu’on va pouvoir jouer avec les notes – les gènes – à notre disposition.» Il est désormais prouvé de manière certaine que l’expression de certains gènes peut non seulement être inhibée, par exemple sous l’effet du stress, mais aussi être transmise à notre descendance. Plus d’informations ici :
La symphonie du vivant : Comment l’épigénétique va changer votre vie

Mais Yehezkel Ben-Ari va plus loin. Le biochimiste, neurobiologiste et premier directeur de l’Institut de Neurobiologie de la Méditerranée affirme «qu’au cours du développement, l’environnement prend peu à peu le pas sur la génétique». Avec la théorie dite du “Checkpoint”, il avance l’idée que pendant le développement du cerveau, l’activité électrique permet de vérifier que le programme génétique est bien effectué, fournissant un “feedback” négatif de contrôle et permettant de relier environnement et génétique, proposant que tous deux sont intrinsèquement liés et agissant en série et non pas en parallèle. Ce concept reflète l’importance de l’environnement dans la maturation cérébrale et suggère que des modifications de celui-ci peuvent avoir des conséquences majeures sur la construction du cerveau. Il montre ainsi que quand une altération a lieu pendant la construction du cerveau, celui-ci en garde des “traces”. Notre symphonie s’imprégnerait et se teinterait alors des couleurs de nos émotions ressenties par rapport à nos expériences. Yehezkel Ben-Ari et ses collègues chercheurs propose de traite l’autisme de manière nouvelle dans cet ouvrage essentiel :

Comme on l’a déjà vu, rien n’est joué avant 6 ans, tout se joue avant 100 ans !

L’intelligence n’est pas un don

« L’intelligence n’est pas quelque chose que l’on reçoit, mais que l’on construit. »

« Pour devenir idiot, il suffit d’être passif : restes-donc assis devant la télévision à te goinfrer de bonbons ! »

« Il est criminel de dire à un enfant qu’il n’est pas doué. »

« La vraie preuve de l’intelligence, c’est de comprendre qu’on ne comprend pas ! »

Albert Jacquard

albert jacquard intelligence“En admettant qu’il ne comprend pas, l’enfant rend service à tout le monde. Le professeur doit toujours recommencer ses explications…” et travailler avec les enfants sur leurs représentations, les limites que l’on se donne. Le programme scolaire impose lui aussi ses limites. Il est conçu pour les enfants qui arrivent à l’école avec 2000 mots dans leur vocabulaire, mais s’ils en ont que 200, alors ces enfants sont rejetés. Le système scolaire pratique ainsi l’élagage de fond. Sur la forme, c’est vrai qu’il tente tout pour garder dans ses rangs, tant bien que mal, ces enfants indésirables. Il s’agit assurément d’une situation inconfortable pour les uns comme les autres, mais il s’agit surtout d’inégalité et d’injustice !

Pour en savoir plus :

C’est quoi l’intelligence ?

Mais l’école, ce vaste chantier, évolue continuellement. Quand on sait qu’un enfant trisomique américain est maintenant accepté à l’université, on se dit que rien n’est joué. Beaucoup ont compris que la diversité dans une classe est une richesse pour tous. Elle favorise la plasticité et le vivre ensemble. Que ce soit handicap ou pathologie, on sait que l’humain est en constant déséquilibre. Il y a des pathologies qui naissent en ce nouveau siècle, créant ainsi un nouveau profil d’élèves (enfants tradi ou enfants du XXIème siècle ?). Elles peuvent être assimilées à un burn-out et sont trop souvent liées au trop plein d’écrans et de stimulation en tous genres. 

Dans le prochain article – dernière partie inspirée de cette conférence sur les Neurosciences, nous essayerons de comprendre ce qui entrave l’apprentissage,  provoque du stress et surtout comment appliquer toutes ces connaissances à notre pratique éducative quotidienne avec les jeunes !!!

J’attends vos commentaires !

Partie 2. Les neurosciences à l’école, quelles transpositions possibles ? : Les neuromythes

2. Les neuromythes

neuromythes

Attention aux idées reçues !

Un neuromythe est une représentation donnée de la connaissance du fonctionnement du cerveau. Parmi les neuromythes, on trouve notamment tout ce qui a trait au traitement de l’information :

– la musique (effet Mozart) décuple les capacités cognitives,

– tout se joue avant 6 ans,

– notre cerveau traite l’information selon une préférence hémisphérique,

– hommes et femmes ont des capacités cognitives différentes,

– les filles ont un cerveau plus petit que les garçons,

– les neurones déclinent avec l’âge,

– on n’utilise que 10 % de nos capacités cognitives,

– la taille du cerveau est proportionnelle à l’intelligence de l’individu.

Ce que l’on pensait vrai il y a dix ans Neuromythess’avère faux à la lumière des études récentes. Pourtant, les neuromythes laissent des traces. Les médias peuvent faire passer beaucoup d’informations erronées, à condition que cela soit vendeur !

NeuromythesNeuromythesNouveaux constats !

Le cerveau établit des connexions neuronales. Il intègre des informations, il en mémorise, en traite certaines et en élimine d’autres. Contrairement à ce qu’on croit généralement, les neurones ne déclinent pas, on en élimine et en produit chaque jour et ce, durant toute la durée de notre vie.

La taille du cerveau est proportionnelle à la taille de la personne. Einstein qui était un petit bonhomme aurait pu être une fille ! Hommes et femmes ont le même cerveau, quelque soit sa taille. La taille du cerveau est proportionnelle

Le théâtre décuple la mémoire, la sensibilité ou le langage. La musique aussi, mais les arts ne font que développer et renforcer ce qui est déjà latent en nous. Tout le monde possède 100 % de ses capacités cognitives (sauf en cas de maladies) mais tout le monde ne l’utilise pas de la même façon, d’où la nécessité de penser l’apprentissage. Le sport, quant à lui, favorise la création de nouveau neurones.

Les intelligences multiples

La théorie des intelligences multiples déterminée par Gardner est intéressante mais limitée. Selon Gardner, on peut distinguer huit intelligences :

intelligences multiples« Parmi les nombreuses grilles d’intelligences qui ont été élaborées, la théorie des Intelligences Multiples d’Howard Gardner a le mérite d’être particulièrement simple à comprendre (car parlant bien à l’intuition) et pratique à utiliser dans une quelconque situation d’apprentissage. Son succès dans le monde anglo-saxon depuis sa parution en 1983 a été considérable, en particulier dans les champs de l’éducation et de la formation permanente. Elle a fait l’objet de très nombreux livres d’application en langue anglaise”. SOURCE : http://www.mieux-apprendre.com/outils/intelligences-multiples/article/presentation-des-intelligences

Pour le traitement de l’information, toutes les zones du cerveau sont nécessaires. On croyait auparavant que chaque zone était liée à une information. Ce n’est pas vrai. Lisez à ce sujet « L’erreur de Broca » par le professeur Hugues Duffau : « Après une lutte acharnée pour rompre avec les dogmes encore en vigueur, il a révolutionné la neurologie et mis fin à une croyance erronée vieille de cent cinquante ans. En effet, le cerveau n’est pas divisé en zones indépendantes comme on le croyait, mais organisé en réseaux interactifs et doté d’une étonnante plasticité. Il est donc capable de s’adapter ou de se remodeler en permanence. » * http://www.michel-lafon.fr/livre/1678-L_erreur_de_Broca.html

On imaginait que le cerveau comprenait des cases pour compartimenter les différents types d’information. Depuis l’I.R.M, on se rend compte que non. L’organisation du cerveau en cases, qu’on appelle Phrénologie, forgée et utilisée pour la première fois par Thomas Ignatius Forster en 1815, est une théorie selon laquelle les bosses du crâne d’un être humain reflètent son caractère.

Phrénologie

« Il a une case en moins… il a la bosse des maths » a-t-on coutume de dire !

L’I.R.M. représente-t-il la phrénologie moderne ?

Des neurones, encore des neurones

Le cerveau, c’est 1300 cm³ et 1400 g. Il n’appuie pas sur la boîte crânienne et ce, grâce au liquide rachidien qui crée une zone tampon. Il se partage en deux hémisphères qui se subdivisent eux aussi en 4 lobes. Il utilise 20 % de notre énergie quotidienne. Les synapses, ces connexions entre deux neurones, apparaissent entre la 6ème et la 8ème semaine de gestation. Il s’en créé plus de 1 million entre 1 et 3 ans. De 10 à 16 semaines, le cerveau produit 250 000 neurones chaque minute. Hallucinant !

La croyance que le traitement de l’information dépend de notre style d’apprentissage (visuel ou auditif) n’a pas de sens aujourd’hui ! La mémoire « on line » intègre l’information récente et élimine au fur et à mesure le reste (ce qui est jugé superflu) afin de laisser la place. Il s’agit juste d’une préférence d’encodage. Ce n’est pas un style figé.

Nous utilisons 100 % de notre cerveau, car toutes les fonctions sont continuellement actives. Certes, notre cerveau naît immature, mais il est doué d’une très grande plasticité. La proportionnalité constitue l’apprentissage implicite tandis que la lecture est explicite. À la naissance, il y a déjà 100 milliards de cellules dans notre cerveau, autant qu’à l’âge adulte ! Chaque neurone est en connexion avec 10 000 autres neurones. Chaque jour, nous élaguons de 10 000 à 100 000 neurones, mais nous en créons aussi plus de 20 000. À l’adolescence, le cerveau passe au Haut-Débit mais deux zones entrent en conflit : le cortex préfrontal et le système limbique. Il faut à l’adolescent le moins de stress possible afin qu’il puisse plus facilement gérer ses conflits internes.

Les neurosciences ne sont pas là pour dicter une conduite pédagogique. Ce n’est pas une méthode !

Charles DarwinLa théorie de l’évolution est également remise en cause. Ce ne sont pas les plus forts qui survivent car il existe une coopération entre les êtres vivants. Nous l’avons étudié sur les bactéries, par exemple. Le coopératif remet ce point de la théorie de Darwin en question. Les aspects émotionnels des êtres vivants, que le scientifique a étudié sur la fin de sa vie, viennent jeter des grains de sable dans les rouages trop bien huilés de la pensée cartésienne.

« L’ouvrage de Charles Darwin sur L’expression des émotions chez l’homme et les animaux (1872) a constitué le point de départ de l’étude scientifique de l’émotion. Pour Darwin, rendre compte d’une question aussi délicate que celle des émotions au moyen de la théorie de l’évolution représentait un défi qu’il avait très à cœur de relever. Il s’est attaché à établir la manière dont les expressions émotionnelles ont émergé graduellement au cours de l’évolution pour prendre ensuite racine dans l’innéité. Son ouvrage déborde d’observations sur la manière dont les enfants, les animaux, les malades mentaux et même les « indigènes » de pays éloignés expriment leurs émotions. Il concluait à l’existence d’un nombre limité d’émotions distinctes. Celles-ci trouveraient leur origine dans l’évolution et se présenteraient donc de manière analogue dans toutes les cultures. » * L’émergence des émotions dans les sciences psychologiques de Bernard Rimé dans http://journals.openedition.org

« Antonio Damasio nous indique que les émotions, au fondement même de notre culture humaine, font partie des cognitions car nul ne peut créer, avoir des comportements éthiques, prendre des décisions, raisonner, sans faire appel à ses émotions”.

Vidéo TED de Damasio : « La conscience est une merveille et un mystère…/… L’esprit conscient est un esprit qui contient un Soi. Nous sommes réellement conscient qu’à partir du moment où le Soi vient à l’esprit ».

DamasioDamasio cherche à comprendre comment les émotions naissent dans le corps et le cerveau. Le problème de la relation entre le corps et l’esprit fait l’objet de débats depuis bien longtemps et se poursuit encore. Descartes avait instauré une coupure entre le corps et l’esprit (Antonio Damasio, « L’erreur de Descartes», 1995). Descartes (1596-1650) énumère six «passions primitives» (l’admiration, l’amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse). A partir de ces 6 passions dites primitives, il parle des 34 autres passions, qui naissent des combinaisons des six premières ou qui en découlent. Spinoza les a réuni (Damasio « Spinoza avait raison » 2003). Cet auteur a su voir comment Spinoza fournit les concepts et les perspectives nécessaires au progrès de notre connaissance de nous-mêmes » http://www.ergopsy.com/theorie-des-emotions

Le créateur de Faust serait limité maintenant. « Goethe, vint au monde en quelque sorte mort-né, ” tout noir “, c’est-à-dire à demi asphyxié. On secoua l’enfant, on lui frictionna l’épigastre avec du vin : ” Madame la Conseillère, il vit ! “, s’écria la sage femme quand il ouvrit les yeux, de grand yeux bruns, presque noirs. » * http://rdelpiano.org/ONPA_Goethe_html.htm

En stimulant cette région du corps (le creux de l’estomac est la partie la plus remarquable de l’épigastre, parce que la pression y fait naître une sensation toute particulière qui devient facilement douloureuse. C’est qu’en effet, au niveau de cette partie se trouvent intérieurement des organes d’une grande importance : le foie, l’estomac, et dans le voisinage intime de ce dernier une des portions importantes du système nerveux, le plexus solaire), où on le sait maintenant, résident les rouages de notre deuxième cerveau, peut-être que la sage femme a rendu l’homme unique et savant. Peut-on considérer alors le vin, utilisé en massage, comme conducteur d’intelligences ?!? On sait qu’un étudiant qui sort d’un Master ne maîtrise que 10 % du programme de sa discipline. Qu’en serait-il d’un étudiant qui prendrait des bains de vin ? Expérience à tenter ? Mais gare aux neuromythes !!!

La promesse d’un futur meilleur

En conclusion, la Neuromania ambiante se fait légion. Un professeur, dont je ne citerai pas le nom, s’auto-proclame neuro-didactitien sous prétexte de proposer des neuro-cours dans un neuro-collège ! C’est l’avènement du neuro-marketing…

Même si les découvertes des Neurosciences présagent d’une promesse d’un futur meilleur… qu’est-ce que ces nouvelles connaissances peuvent apporter dans l’éducation de nos enfants ?

Pour aller plus loin, voici quelques ouvrages récents :

Mon cerveau, ce héros« Mon cerveau, ce héros – Mythes et réalité »

Elena Pasquinelli – LE POMMIER

À une époque où les neurosciences sont « sexy » et sources de nombreuses convoitises, combattre les neuromythes est en effet nécessaire, et ce d’autant que sont concernés des secteurs sensibles de notre société – comme l’éducation ou la santé…

* https://www.editions-lepommier.fr/mon-cerveau-ce-heros

Cerveau sexe et pouvoir Catherine Vidal« Cerveau, sexe et pouvoir »

Dorothée Benoit-Browaeys, Catherine Vidal – Belin

Cet ouvrage, qui s’est imposé au fil du temps comme une référence, replace le débat autour de la différence des sexes sur un terrain scientifique rigoureux. Il s’appuie sur les avancées des neurosciences, qui apportent un éclairage nouveau sur le rôle de la biologie et de l’environnement socio-culturel dans la construction de nos identités de femmes et d’hommes.

* https://www.belin-editeur.com/cerveau-sexe-et-pouvoir

« Nos cerveaux, tous pareils, tous différents »

Catherine VidalBelin

Comment se fabriquent les filles et les garçons ? Comment se forgent nos identités de femmes et d’hommes ? Dans ce livre, l’auteure explique le rôle clé de la plasticité cérébrale, nous donnant à voir un cerveau en perpétuelle évolution au gré des interactions avec son environnement.

* https://www.belin-editeur.com/nos-cerveaux-tous-pareils-tous-differents

 Ne manquez pas de laisser vos commentaires et de lire la troisième partie à venir…